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3月26日 Tout est un, tout est divers. 116
Le temps guérit les douleurs et les querelles, parce qu'on change, on n'est plus la même personne. Ni l'offensant, ni l'offensé, ne sont plus eux-mêmes. C'est comme un peuple qu'on a irrité, et qu'on reverrait après deux générations. Ce sont encore les Français, mais non les mêmes.
3月24日 Marie Bonaparte
Sigmund Freud. L'instinct et la raison.
Le IIIe Reich n‘a pas besoin de penseurs (1938)
Article paru dans L'Ordre du dimanche 19 juin 1938
A propos du passage par Paris du professeur Freud, chassé de Vienne
par l'atmosphère nouvelle qui y règne, si peu favorable à la
liberté de la pensée, le directeur de l’Ordre m'a
demandé, en tant qu'élève de Freud, quelques notes sur
la portée de l'œuvre freudien.
L'homme est mû, du fond de lui-même, par deux groupes de forces
: d'une part les forces primitives, élémentaires, de l'instinct
et du sentiment; d'autre part, les forces, bien plus tard venues, de la raison.
Sans l'instinct, comment vivre? L'instinct donne à la vie sa force et
sa saveur. Mais l'instinct, c'est la sexualité librement déchaînée,
c'est l'agression sauvage et sans entraves contre tout ce qui gêne la
liberté, l'expansion de notre propre vie. Aussi, très tôt,
et dès que les premiers hommes commencèrent à se rassembler
pour vivre en commun, l'agression comme la sexualité individuelles durent-elles être
bridées, au début sans doute par la loi d'un plus fort.
A mesure que passaient les siècles, les sociétés humaines,
en se compliquant, tendirent à réduire la marge de liberté laissée
aux instincts d'un chacun. Ainsi la sexualité a dû s'accommoder
des entraves de la morale - quitte à se dédommager en secret,
le plus souvent d'ailleurs dans la réprobation. Ainsi, répression
plus absolue, l'agression crue et violente s'est vue de plus en plus interdite à l'individu
isolé et refoulée aux frontières de collectivités
toujours plus larges. Là, déléguée aux armées,
elle prend d'ailleurs sa revanche et inspire des engins féroces.
Les individus cependant, à l'intérieur des collectivités,
ont supporté de façon variable les restrictions imposées à leurs
instincts primitifs.
Certes les meilleures personnalités, et parmi elles les plus hautes,
se sont accommodées des restrictions imposées à leurs
instincts par la civilisation; un idéal de paix, de travail est venu
en eux y répondre. Ceux-là sont les vrais porteurs de la civilisation.
Mais d'autres s'insurgent contre les contraintes culturelles à leurs
instincts et deviennent des délinquants, voire des criminels. D'autres
encore, en acceptant consciemment toutes les exigences de la morale, s'insurgent
contre elle inconsciemment : ce sont les psychonévropathes, lesquels
paient par leur maladie nerveuse un lourd tribut à la société dans
laquelle ils doivent vivre. Leurs symptômes, si souvent pénibles à leur
entourage comme à eux-mêmes, constituent comme autant de protestations
contre les exigences de la vie sociale. La trépidation de la vie moderne
est moins responsable du malaise nerveux de nos époques que ne l'est
la contrainte culturelle des instincts, ainsi que justement Freud l'a pu montrer.
Cette constatation a valu à Freud, à la psychanalyse, nombre
d'injures injustifiées. “ Quoi ”, s’est-on écrié, “ vous
accusez la morale, le refoulement de l'instinct des maux les plus divers! La
psychanalyse est ainsi une méthode dangereuse, immorale! En condamnant,
en cherchant à lever les refoulements de l'instinct, elle va lâcher
de par le monde des êtres dissolus, voire des criminels! Ou bien, si
les névrosés qu'elle analyse sont des délicats, des scrupuleux,
en leur révélant les turpitudes cachées au fond de leur
inconscient, elle pourra peut-être les pousser au suicide ! ” Telles
sont les violentes objections que l'on entend parfois faire par les ignorants.
Cependant la psychanalyse, méthode d'exploration de nous-mêmes,
ne comporte aucun de ces dangers.
Le psychanalyste emploie comme méthode d'exploration celle des associations
libres du patient. Pour ce faire, on engage celui-ci à s'étendre
au repos sur un divan et à se laisser aller au fil de ses pensées, à dire
tout, sans restriction, ce qui lui passe par l'esprit, que ce soit absurde,
choquant ou impoli. Par-là, on voit ce qui affleure à la conscience
du sujet, mais, par une méthode très sûre d'interprétation
ayant déjà fait ses preuves depuis près de quarante ans,
on peut inférer de ce que l'on entend à ce qui réside
enfoui au fond de l'inconscient du patient.
Or cette méthode inspirée du vieil adage socratique du “ Connais-toi
toi-même ” aboutit à étendre non pas le domaine des
passions, mais celui de la raison.
“ On ne saurait ”, a écrit quelque part Freud, “ prendre
un voleur qui se cache. ” La maîtrise de nos instincts ne peut être
achevée qu'en apprenant à les regarder en face dans leurs puissantes
si parfois secrètes manifestations.
Pour nous faire mieux comprendre, prenons un exemple simple et concret : celui
d'une jeune fille, par exemple, présentant une phobie d’araignées.
Cette malheureuse voit-elle une araignée, aussitôt elle tombe
dans une crise de nerfs aiguë, ne peut plus manger, refuse de s'endormir
de crainte que l'araignée ne soit cachée dans sa chambre, ne
veut plus sortir de crainte d'en rencontrer une au jardin ; bref, ces crises
se renouvelant, la jeune personne finit par empoisonner, avec ces histoires
d'araignées, la vie de tous les siens.
On analyse la malade, et voilà que l'on découvre, par une patiente
investigation, que l'araignée redoutée est pour elle le symbole,
survivant du fond du passé, d'une méchante nourrice qu'elle aurait
eue au début de sa vie, qui la martyrisait, qui lui faisait très
peur. Les névrosés gardent en effet en eux de ces attardements.
L'inconscient est intemporel; ce qui y tombe s'y conserve indéfiniment,
sans usure : dans ce cas la terreur de la nourrice depuis pourtant longtemps
disparue, terreur qui s'est accrochée au symbole effrayant qu'elle a
assume, ici l'araignée à l'allure agressive.
Mais cette peur anachronique est-elle rendue consciente, et derrière
celle-ci la figure redoutée, oubliée, de la nourrice vient-elle à être
pleinement évoquée, la raison guérisseuse fera ses discriminations.
Elle détachera l'affect de terreur de la représentation inadéquate
de l'araignée, le rendra à la figure disparue du passé,
comprendra qu'une telle terreur infantile n'est plus de mise dans le présent,
et la jeune fille pourra désormais se promener au jardin et le soir
se coucher sans plus empoisonner, par sa phobie maladive, le repos et la paix
des siens.
Ce petit exemple semblera insignifiant à beaucoup, mais je l'ai justement
choisi à cause de sa simplicité. Des névroses d'allure
plus grave, allant jusqu'à rendre impossible au malade toute vie en
société, sont guéries par la même méthode
d'appel à la raison.
L'originalité de Freud a en effet été d'éclairer
les plus irrationnelles profondeurs de notre psychisme avec le seul flambeau
de la raison. Une confusion entre la matière à étudier
et l'instrument d'investigation s’en est d'ailleurs parfois suivie. Ainsi
des théosophes ou des spirites exaltés ne craignent-ils pas de
nous déclarer, dans le coin d'un salon, sur un ton de complicité,
qu'ils s'occupent de sujets mystérieux analogues aux nôtres. Rien
n'est pourtant plus éloigné des divers mysticismes que la psychanalyse
tout inspirée de rationalisme. On confond, ce faisant, la bactérie
avec le microscope!
Mais les rationalistes à tous crins commettent envers la psychanalyse
une autre sorte d'injustice. Au nom de la triomphante raison, ils nient parfois
non plus l'instrument qu'elle emploie à son investigation, mais la matière
qu'elle étudie : les profondeurs inconscientes du psychisme humain,
ou tout au moins les déclarent-ils inaccessibles au flambeau rationnel
de la science.
Certes le psychisme n'a pu encore être vraiment mesure ni pesé,
malgré toutes les tentatives de la psychométrie.
Le psychisme, mesurable ou non, existe cependant et commande nos vies humaines.
Il mérite d'être étudié au même degré que
la composition chimique de nos cellules, et la psychanalyse a justement montré que
certaines lois, de ces lois qui font l'objet de la science, pouvaient en lui être
dégagées.
Une phalange de disciples de Freud s'est d'ailleurs peu a peu formée
et répandue de par le monde. L'Association internationale de psychanalyse,
qui doit, invitée par le groupe français, tenir en août
1938, à Paris, son congrès bisannuel, existe depuis une trentaine
d'années et réunit des médecins et des psychologues des
pays les plus divers : France, Angleterre, Amérique, Suisse, Hollande,
et hier encore Vienne.
Le berceau de la psychanalyse avait bien entendu été Vienne,
et c'est là, autour du maître, que ses premiers élèves
s'étaient groupés.
Le groupe psychanalytique viennois, depuis lors, n'avait cessé de travailler
avec ardeur et d'exercer sur les autres groupements un grand rayonnement. Mais
depuis l'Anchluss, ce groupe de travailleurs a été dispersé et,
de ses membres, la plupart ont été chercher refuge soit en Angleterre,
y suivant leur maître en exil, soit en Amérique, ce large continent
toujours si accueillant aux réfugiés de tous pays. Quelques-uns
enfin ont tourné leurs regards vers la France.
La psychanalyse, en effet, comme toutes les sciences touchant l'âme et
pourtant faisant appel à la seule raison, ne saurait prospérer
que dans les pays où l'esprit est resté libre. Les régimes
dictatoriaux prétendant commander à la pensée ne la sauraient
tolérer. Depuis déjà des années, le groupe russe
a été dissous à Moscou : c'est le tour à présent
de celui de Vienne. Et dans toute l'Allemagne les ouvrages de Freud sont interdits
dans les librairies.
C'est sans doute là l'une des revanches des forces de l'instinct contre
le maître qui prétendit les soumettre au joug renforcé de
la raison. Les fanatismes nationaux sont en effet l'une des manifestations
les plus incoercibles du vouloir-vivre agressif des hommes, groupant dans un
faisceau des instincts réprouvés chez l'individu isolé mais
exaltés dès qu'ils deviennent collectifs.
Or les divers fanatismes, les divers mysticismes, qu'ils soient politiques
ou religieux, sont d'ailleurs toujours d'essence analogue. Ils ne sauraient
tolérer les fanatismes rivaux, mais pas davantage les disciplines de
la froide et claire raison, la raison leur apparaissant, et d'ailleurs à juste
titre, comme dissociatrice des enthousiasmes, des fureurs mystiques. C'est
pourquoi si, à l'inverse de notre Ire République,
le IIIe Reich a certes « besoin de chimistes » et
pour ses industries de guerre et pour celle de ses « Ersatz » il
n'a par contre que f aire de penseurs et le leur fait bien voir. http://www.psychanalyse.lu
Ce Sur-Moi n'est cependant pas un simple résidu des premiers choix d'objets par le Ça ; il a également la signification d'une formation destinée à réagir énergiquement contre ces choix. Ses rapports avec le Moi ne se bornent pas à lui adresser le conseil : « sois ainsi » (comme ton père), mais ils impliquent aussi l'interdiction « ne sois pas ainsi » (comme ton père) ; autrement dit : ne fais pas tout ce qu'il fait ; beaucoup de choses lui sont réservées, à lui seul ». Ce double aspect du Moi idéal découle du fait qu'il a mis tout ses efforts à refouler le Complexe d’Oedipe et qu'il n'est né qu'à la suite de ce refoulement.
L'expérience clinique parle en faveur de cette dernière éventualité. Elle montre que ce « quelque chose » se comporte comme une velléité refoulée. Cette velléité peut chercher à se manifester en déployant des forces motrices, sans que le Moi s'aperçoive de la contrainte qu'il subit. Pour devenir consciente, sous la forme d'une sensation pénible ou désagréable, cette velléité doit, dans la contrainte qu'elle exerce, se heurter à une résistance, à des obstacles qui s'opposent à sa réaction de décharge. De même que les tensions produites par les besoins, la douleur, ce chaînon intermédiaire entre la perception interne et la perception externe, qui se comporte comme une perception interne, alors même qu'elle a sa source dans le monde extérieur, peut également rester inconsciente. Il est donc exact de dire que même des sentiments et des sensations, pour devenir conscients, doivent parvenir au système C. Si le chemin est barré, ils ne sont pas éprouvés en tant que sentiments et sensations, bien que le « quelque chose » qui leur correspond demeure invariable dans le déroulement de l'excitation. Par abréviation, et d'une façon qui n'est pas tout à fait correcte, nous parlons alors de sensations inconscientes et nous insistons sur leur analogie avec les représentations inconscientes, ce qui n'est pas tout à fait justifié. La différence entre les unes et les autres consiste notamment en ce que, pour amener à la conscience une représentation inconsciente, il faut créer un certain nombre d'anneaux, d'étapes intermédiaires, tandis que les sensations se propagent directement. Et d'autres termes : la distinction entre le conscient et le préconscient ne se pose pas pour les sensations : une sensation est ou consciente ou inconsciente, mais jamais préconsciente. Alors même qu'une sensation est associée à des représentations verbales, elle devient consciente, non grâce à ces représentations, mais directement.
弗洛伊德之將人的心理狀態分作意識狀態與無意識狀態。
無意識中又有可以回至意識狀態者、有不可逆轉至意識狀態者。
可逆轉者被弗洛伊德稱作潛意識。
「本我」是意識所附著者,然而本我中也有些不自覺、無意識的成份,這些無意識成分有別於上述的無意識。上述的無意識是些被抑制阻撓的東西。
3月16日 l'objet de l'art est d'endormir les puissances actives ou plutôt résistantes de notre personnalité, et de nous amener ainsi à un état de docilité parfaite où nous réalisons l'idée qu'on nous suggère, où nous sympathisons avec le sentiment exprimé. Dans les procédés de l'art on retrouvera sous une forme atténuée, raffinés et en quelque sorte spiritualisés, les procédés par lesquels on obtient ordinairement l'état d'hypnose. Ainsi, en musique, le rythme et la mesure suspendent la circulation normale de nos sensations et de nos idées en faisant osciller notre attention entre des points fixes, et s'emparent de nous avec une telle force que l'imitation, même infiniment discrète, d'une voix qui gémit suffira à nous remplir d'une tristesse extrême.Si les sons musicaux agissent plus puissamment sur nous que ceux de la nature, c'est que la nature se borne à exprimer des sentiments, au lieu que la musique nous les suggère. D'où vient le charme de la poésie ? Le poète est celui chez qui les sentiments se développent en images, et les images elles-mêmes en paroles, dociles au rythme, pour les traduire.En voyant repasser devant nos yeux ces images, nous éprouverons à notre tour le sentiment qui en était pour ainsi dire l'équivalent émotionnel ; mais ces images ne se réaliseraient pas aussi fortement pour nous sans les mouvements réguliers du rythme, par lequel notre âme, bercée et endormie, s'oublie comme en un rêve pour penser et pour voir avec le poète. Les arts plastiques obtiennent un effet du même genre par la fixité qu'ils imposent soudain à la vie, et qu'une contagion physique communique à l'attention du spectateur. Si les oeuvres de la statuaire antique expriment des émotions légères, qui les effleurent à peine comme un souffle, en revanche la pâle immobilité de la pierre donne au sentiment exprimé, au mouvement commencé, je ne sais quoi de définitif et d'éternel, où notre pensée s'absorbe et où notre volonté se perd. On retrouverait en architecture, au sein même de cette immobilité saisissante, certains effets analogues à ceux du rythme. La symétrie des formes, la répétition indéfinie du même motif architectural, font que notre faculté de percevoir oscille du même au même, et se déshabitue de ces changements incessants qui, dans la vie journalière, nous ramènent sans cesse à la conscience de notre personnalité : l'indication, même légère, d'une idée, suffira alors à remplir de cette idée notre âme entière. Ainsi l'art vise à imprimer en nous des sentiments plutôt qu'à les exprimer ; il nous les suggère, et se passe volontiers de l'imitation de la nature quand il trouve des moyens plus efficaces. La nature procède par suggestion comme l'art, mais ne dispose pas du rythme. Elle y supplée par cette longue camaraderie que la communauté des influences subies a créée entre elle et nous, et qui fait qu'à la moindre indication d'un sentiment nous sympathisons avec elle, comme un sujet habitué obéit au geste du magnétiseur. Et cette sympathie se produit en particulier quand la nature nous présente des êtres aux proportions normales, tels que notre attention se divise également entre toutes les parties de la figure sans se fixer sur aucune d'elles : notre faculté de percevoir se trouvant alors bercée par cette espèce d'harmonie, rien n'arrête plus le libre essor de la sensibilité, qui n'attend jamais que la chute de l'obstacle pour être émue sympathiquement. - Il résulte de cette analyse que le sentiment du beau n'est pas un sentiment spécial, mais que tout sentiment éprouvé par nous revêtira un caractère esthétique, pourvu qu'il ait été suggéré, et non pas causé. On comprend alors pourquoi l'émotion esthétique nous paraît admettre des degrés d'intensité, et aussi des degrés d'élévation. Tantôt, en effet, le sentiment suggéré interrompt à peine le tissu serré des faits psychologiques qui composent notre histoire ; tantôt il en détache notre attention sans toutefois nous les faire perdre de vue ; tantôt enfin il se substitue à eux, nous absorbe, et accapare notre âme entière. Il y a donc des phases distinctes dans le progrès d'un sentiment esthétique, comme dans l'état d'hypnose ; et ces phases correspondent moins à des variations de degré qu'à des différences d'état ou de nature. Mais le mérite d'une oeuvre d'art ne se mesure pas tant à la puissance avec laquelle le sentiment suggéré s'empare de nous qu'à la richesse de ce sentiment lui-même : en d'autres termes, à côté des degrés d'intensité, nous distinguons instinctivement des degrés de profondeur ou d'élévation. .......Si l'art qui ne donne que des sensations est un art inférieur, c'est que l'analyse ne démêle pas souvent dans une sensation autre chose que cette sensation même.Mais la plupart des émotions sont grosses de mille sensations, sentiments ou idées qui les pénètrent : chacune d'elles est donc un état unique en son genre, indéfinissable, et il semble qu'il faudrait revivre la vie de celui qui l'éprouve pour l'embrasser dans sa complexe originalité. Pourtant l'artiste vise à nous introduire dans cette émotion si riche, si personnelle, si nouvelle, et à nous faire éprouver ce qu'il ne saurait nous faire comprendre. Il fixera donc, parmi les manifestations extérieures de son sentiment, celles que notre corps imitera machinalement, quoique légèrement, en les apercevant, de manière à nous replacer tout d'un coup dans l'indéfinissable état psychologique qui les provoqua. Ainsi tombera la barrière que le temps et l'espace interposaient entre sa conscience et la nôtre; et plus sera riche d'idées, gros de sensations et d'émotions le sentiment dans le cadre duquel il nous aura fait entrer, plus la beauté exprimée aura de profondeur ou d'élévation. Les intensités successives du sentiment esthétique correspondent donc à des changements d'état survenus en nous, et les degrés de profondeur au plus ou moins grand nombre de faits psychiques élémentaires que nous démêlons confusément dans l'émotion fondamentale.
le sentiment de la grâce. Ce n'est d'abord que la perception d'une certaine aisance, d'une certaine facilité dans les mouvements extérieurs. Et comme des mouvements faciles sont ceux qui se préparent les uns les autres, nous finissons par trouver une aisance supérieure aux mouvements qui se faisaient prévoir, aux attitudes présentes où sont indiquées et comme préformées les attitudes à venir. Si les mouvements saccadés manquent de grâce, c'est parce que chacun d'eux se suffit à lui-même et n'annonce pas ceux qui vont le suivre. Si la grâce préfère les courbes aux lignes brisées, c'est que la ligne courbe change de direction à tout moment, mais que chaque direction nouvelle était indiquée dans celle qui la précédait. La perception d'une facilité à se mouvoir vient donc se fondre ici dans le plaisir d'arrêter en quelque sorte la marche du temps, et de tenir l'avenir dans le présent. Un troisième élément intervient quand les mouvements gracieux obéissent à un rythme, et que la musique les accompagne. C'est que le rythme et la mesure, en nous permettant de prévoir encore mieux les mouvements de l'artiste, nous font croire cette fois que nous en sommes les maîtres. Comme nous devinons presque l'attitude qu'il va prendre, il paraît nous obéir quand il la prend en effet ; la régularité du rythme établit entre lui et nous une espèce de communication, et les retours périodiques de la mesure sont comme autant de fils invisibles au moyen desquels nous faisons jouer cette marionnette imaginaire. Même, si elle s'arrête un instant, notre main impatientée ne peut s'empêcher de se mouvoir comme pour la pousser, comme pour la replacer au sein de ce mouvement dont le rythme est devenu toute notre pensée et toute notre volonté. Il entrera donc dans le sentiment du gracieux une espèce de sympathie physique, et en analysant le charme de cette sympathie, vous verrez qu'elle vous plaît ellemême par son affinité avec la sympathie morale, dont elle vous suggère subtilement l'idée. Ce dernier élément, où les autres viennent se fondre après l'avoir en quelque sorte annoncé, explique l'irrésistible attrait de la grâce : on ne comprendrait pas le plaisir qu'elle nous cause, si elle se réduisait à une économie d'effort, comme le prétend Spencer 1. Mais la vérité est que nous croyons démêler dans tout ce qui est très gracieux, en outre de la légèreté qui est signe de mobilité, l'indication d'un mouvement possible vers nous, d'une sympathie virtuelle ou même naissante. C'est cette sympathie mobile, toujours sur le point de se donner, qui est l'essence même de la grâce supérieure. Ainsi les intensités croissantes du sentiment esthétique se résolvent ici en autant de sentiments divers, dont chacun, annoncé déjà par le précédent, y devient visible et l'éclipse ensuite définitivement. C'est ce progrès qualitatif que nous interprétons dans le sens d'un changement de grandeur, parce que nous aimons les choses simples, et que notre langage est mal fait pour rendre les subtilités de l'analyse psychologique.
le sentiment de la grâce. Ce n'est d'abord que la perception d'une certaine aisance, d'une certaine facilité dans les mouvements extérieurs. Et comme des mouvements faciles sont ceux qui se préparent les uns les autres, nous finissons par trouver une aisance supérieure aux mouvements qui se faisaient prévoir, aux attitudes présentes où sont indiquées et comme préformées les attitudes à venir. Si les mouvements saccadés manquent de grâce, c'est parce que chacun d'eux se suffit à lui-même et n'annonce pas ceux qui vont le suivre. Si la grâce préfère les courbes aux lignes brisées, c'est que la ligne courbe change de direction à tout moment, mais que chaque direction nouvelle était indiquée dans celle qui la précédait. La perception d'une facilité à se mouvoir vient donc se fondre ici dans le plaisir d'arrêter en quelque sorte la marche du temps, et de tenir l'avenir dans le présent. Un troisième élément intervient quand les mouvements gracieux obéissent à un rythme, et que la musique les accompagne. C'est que le rythme et la mesure, en nous permettant de prévoir encore mieux les mouvements de l'artiste, nous font croire cette fois que nous en sommes les maîtres. Comme nous devinons presque l'attitude qu'il va prendre, il paraît nous obéir quand il la prend en effet ; la régularité du rythme établit entre lui et nous une espèce de communication, et les retours périodiques de la mesure sont comme autant de fils invisibles au moyen desquels nous faisons jouer cette marionnette imaginaire. Même, si elle s'arrête un instant, notre main impatientée ne peut s'empêcher de se mouvoir comme pour la pousser, comme pour la replacer au sein de ce mouvement dont le rythme est devenu toute notre pensée et toute notre volonté. Il entrera donc dans le sentiment du gracieux une espèce de sympathie physique, et en analysant le charme de cette sympathie, vous verrez qu'elle vous plaît ellemême par son affinité avec la sympathie morale, dont elle vous suggère subtilement l'idée. Ce dernier élément, où les autres viennent se fondre après l'avoir en quelque sorte annoncé, explique l'irrésistible attrait de la grâce : on ne comprendrait pas le plaisir qu'elle nous cause, si elle se réduisait à une économie d'effort, comme le prétend Spencer 1. Mais la vérité est que nous croyons démêler dans tout ce qui est très gracieux, en outre de la légèreté qui est signe de mobilité, l'indication d'un mouvement possible vers nous, d'une sympathie virtuelle ou même naissante. C'est cette sympathie mobile, toujours sur le point de se donner, qui est l'essence même de la grâce supérieure. Ainsi les intensités croissantes du sentiment esthétique se résolvent ici en autant de sentiments divers, dont chacun, annoncé déjà par le précédent, y devient visible et l'éclipse ensuite définitivement. C'est ce progrès qualitatif que nous interprétons dans le sens d'un changement de grandeur, parce que nous aimons les choses simples, et que notre langage est mal fait pour rendre les subtilités de l'analyse psychologique.
3月15日 Ce monde d'aliénés se donne du tintouin pour donner du tintouin aux autres...
3月13日 Oh le salaud...B ! Que son texte est riche
L'étude des faits permettra de décrire avec une précision croissante cet aspect particulier de la vie mentale qui est seul dessiné, à notre avis, dans l'activité cérébrale. S'agit-il de la faculté de percevoir et de sentir ? Notre corps, inséré dans le monde matériel, reçoit des excitations auxquelles il doit répondre par des mouvements appropriés ; le cerveau, et d'ailleurs le système cérébro-spinal en général, préparent ces mouvements ; mais la perception est tout autre chose 2. S'agit-il de la faculté de vouloir ? Le corps exécute des mouvements volontaires grâce à certains mécanismes, tout montés dans le système nerveux, qui n'attendent qu'un signal pour se déclencher ; le cerveau est le point d'où part le signal et même le déclenchement. La zone rolandique, où l'on a localisé le mouvement volontaire, est comparable en effet au poste d'aiguillage d'où l'employé lance sur telle ou telle voie le train qui arrive ; ou encore c'est un commutateur, par lequel une excitation extérieure donnée peut être mise en communication avec un dispositif moteur pris à volonté ; mais à côté des organes du mouvement et de l'organe du choix, il y a autre chose, il y a le choix lui-même. S'agit-il enfin de la pensée ? Quand nous pensons, il est rare que nous ne nous parlions pas à nous-mêmes : nous esquissons ou préparons, si nous ne les accomplissons pas effectivement, les mouvements d'articulation par lesquels s'exprimerait notre pensée ; et quelque chose s'en doit déjà dessiner dans le cerveau. Mais là ne se borne pas, croyons-nous, le mécanisme cérébral de la pensée : derrière les mouvements intérieurs d'articulation, qui ne sont d'ailleurs pas indispensables, il y a quelque chose de plus subtil, qui est essentiel. Je veux parler de ces mouvements naissants qui indiquent symboliquement toutes les directions successives de l'esprit. Remarquez que la pensée réelle, concrète, vivante, est chose dont les psychologues nous ont fort peu parlé jusqu'ici, parce qu'elle offre malaisément prise à l'observation intérieure. Ce qu'on étudie d'ordinaire sous ce nom est moins la pensée même qu'une imitation artificielle obtenue en composant ensemble des images et des idées. Mais avec des images, et même avec des idées, vous ne reconstituerez pas de la pensée, pas plus qu'avec des positions vous ne ferez du mouvement. L'idée est un arrêt de la pensée ; elle naît quand la pensée, au lieu de continuer son chemin, fait une pause ou revient sur elle-même : telle, la chaleur surgit dans la balle qui rencontre l'obstacle. Mais, pas plus que la chaleur ne préexistait dans la balle, l'idée ne faisait partie intégrante de la pensée. Essayez, par exemple, en mettant bout à bout les idées de chaleur, de production, de balle, et en intercalant les idées d'intériorité et de réflexion impliquées dans les mots « dans » et « soi », de reconstituer la pensée que je viens d'exprimer par cette phrase ; « la chaleur se produit dans la balle ». Vous verrez que c'est impossible, que la pensée était un mouvement indivisible, et que les idées correspondant à chacun des mots sont simplement les représentations qui surgiraient dans l'esprit à chaque instant du mouvement de la pensée si la pensée s'arrêtait ; mais elle ne s'arrête pas. Laissez donc de côté les reconstructions artificielles de la pensée ; considérez la pensée même ; vous y trouverez moins des états que des directions, et vous verrez qu'elle est essentiellement un changement continuel et continu de direction intérieure, lequel tend sans cesse à se traduire par des changements de direction extérieure, je veux dire par des actions et des gestes capables de dessiner dans l'espace et d'exprimer métaphoriquement, en quelque sorte, les allées et venues de l'esprit. De ces mouvements esquissés, ou même simplement préparés, nous ne nous apercevons pas, le plus souvent, parce que nous n'avons aucun intérêt à les connaître ; mais force nous est bien de les remarquer quand nous serrons de près notre pensée pour la saisir toute vivante et pour la faire passer, vivante encore, dans l'âme d'autrui. Les mots auront beau alors être choisis comme il faut, ils ne diront pas ce que nous voulons leur faire dire si le rythme, la ponctuation et toute la chorégraphie du discours ne les aident pas à obtenir du lecteur, guidé alors par une série de mouvements naissants, qu'il décrive une courbe de pensée et de sentiment analogue à celle que nous décrivons nousmêmes. Tout l'art d'écrire est là. C'est quelque chose comme l'art du musicien; mais ne croyez pas que la musique dont il s'agit ici s'adresse simplement à l'oreille, comme on se l'imagine d'ordinaire. Une oreille étrangère, si habituée qu'elle puisse être à la musique, ne fera pas de différence entre la prose française que nous trouvons musicale et celle qui ne l'est pas, entre ce qui est parfaitement écrit en français et ce qui ne l'est qu'approximativement : preuve évidente qu'il s'agit de tout autre chose que d'une harmonie matérielle des sous. En réalité, l'art de l'écrivain consiste surtout à nous faire oublier qu'il emploie des mots. L'harmonie qu'il cherche est une certaine correspondance entre les allées et venues de son esprit et celles de son discours, correspondance si parfaite que, portées par la phrase, les ondulations de sa pensée se communiquent à la nôtre et qu'alors chacun des mots, pris individuellement, ne compte plus : il n'y a plus rien que le sens mouvant qui traverse les mots, plus rien que deux esprits qui semblent vibrer directement, sans intermédiaire, à l'unisson l'un de l'autre. Le rythme de la parole n'a donc d'autre objet que de reproduire le rythme de la pensée ; et que peut être le rythme de la pensée sinon celui des mouvements naissants, à peine conscients, qui l'accompagnent ? Ces mouvements, par lesquels la pensée s'extérioriserait en actions, doivent être préparés et comme préformés dans le cerveau. C'est cet accompagnement moteur de la pensée que nous apercevrions sans doute si nous pouvions pénétrer dans un cerveau qui travaille, et non pas la pensée même. ))))))) En d'autres termes, la pensée est orientée vers l'action; et, quand elle n'aboutit pas à une action réelle, elle esquisse une ou plusieurs actions virtuelles, simplement possibles. Ces actions réelles ou virtuelles, qui sont la projection diminuée et simplifiée de la pensée dans l'espace et qui en marquent les articulations motrices, sont ce qui en est dessiné dans la substance cérébrale. La relation du cerveau à la pensée est donc complexe et subtile. Si vous me demandiez de l'exprimer dans une formule simple, nécessairement grossière, je dirais que le cerveau est un organe de pantomime, et de pantomime seulement. Son rôle est de mimer la vie de l'esprit, de mimer aussi les situations extérieures auxquelles l'esprit doit s'adapter. L'activité cérébrale est à l'activité mentale ce que les mouvements du bâton du chef d'orchestre sont à la symphonie. La symphonie dépasse de tous côtés les mouvements qui la scandent ; la vie de l'esprit déborde de même la vie cérébrale. Mais le cerveau, justement parce qu'il extrait de la vie de l'esprit tout ce qu'elle a de jouable en mouvement et de matérialisable, justement parce qu'il constitue ainsi le point d'insertion de l'esprit dans la matière, assure à tout instant l'adaptation de l'esprit aux circonstances, maintient sans cesse l'esprit en contact avec des réalités. Il n'est donc pas, à proprement parler, organe de pensée, ni de sentiment, ni de conscience ; mais il fait que conscience, sentiment et pensée restent tendus sur la vie réelle et par conséquent capables d'action efficace. Disons, si vous voulez, que le cerveau est l'organe de l'attention à la vie.
.....chap II, Energie spirituelle
I. Pieu Servien: nombre, rapports numériques, panrythmismes II Henri Maldiney: essentialisme, sensibilité, sensation, mouvement III Elie Faure, sans signification précise
尹: Il nous faut d'entrée de jeu savoir que Henri Bergson était antipositiviste. Le bergsonisme est une réaction antipositiviste. Côté méthodologie, l'auteur de L'énergie spirituelle était contre l'expérience et le raisonnement.因為:『si notre science était complète et notre puissance de calculer infinie, nous saurions par avance tout ce qui se passera dans l'univers matériel inorganisé, dans sa masse et dans ses éléments, comme nous prévoyons une éclipse de soleil ou de lune. Bref, la matière est inertie, géométrie, nécessité. Mais avec la vie apparaît le mouvement imprévisible et libre. L'être vivant choisit ou tend à choisir. Son rôle est de créer. 生命之不確定性,頗有些Sartre存在主義的況味。鑑於此不確定性,Bergson反對完全依賴experience與raisonnement以「格天下之物」的實正主義positivisme』
--------------------------------- Voici la première direction où nous nous engagerons. Qui dit esprit dit,avant tout, conscience. Mais, qu'est-ce que la conscience ? Vous pensez bien que je ne vais pas définir une chose aussi concrète, aussi constamment présente à l'expérience de chacun de nous. Mais sans donner de la conscience une définition qui serait moins claire qu'elle, je puis la caractériser par son trait leplus apparent : conscience signifie d'abord mémoire. La mémoire peut manquer d'ampleur ; elle peut n'embrasser qu'une faible partie du passé ; elle peut ne retenir que ce qui vient d'arriver ; mais la mémoire est là, ou bien alors la conscience n'y est pas. Une conscience qui ne conserverait rien de son passé, qui s'oublierait sans cesse elle-même, périrait et renaîtrait à chaque instant : comment définir autrement l'inconscience ? Quand Leibniz disait de la matière que c'est « un esprit instantané », ne la déclarait-il pas, bon gré, mal gré, insensible ? Toute conscience est donc mémoire -conservation et accumulationdu passé dans le présent.Mais toute conscience est anticipation de l'avenir. Considérez la direction de votre esprit à n'importe quel moment : vous trouverez qu'il s'occupe de ce qui est, mais en vue surtout de ce qui va être. L'attention est une attente, et il n'y a pas de conscience sans une certaine attention à la vie. L'avenir est là; il nous appelle, ou plutôt il nous tire à lui : cette traction ininterrompue, qui nousfait avancer sur la route du temps, est cause aussi que nous agissons continuellement. Toute action est un empiétement sur l'avenir. Retenir ce qui n'est déjà plus, anticiper sur ce qui n'est pas encore, voilàdonc la première fonction de la conscience. Il n'y aurait pas pour elle de présent, si le présent se réduisait à l'instant mathématique. Cet instant n'est que la limite, purement théorique, qui sépare le passé de l'avenir; il peut à la rigueur être conçu, il n'est jamais perçu; quand nous croyons le surprendre, il est déjà loin de nous. Ce que nous percevons en fait, c'est une certaine épaisseur de durée qui se compose de deux parties : notre passé immédiat et notre avenir imminent. Sur ce passé nous sommes appuyés, sur cet avenirnous sommes penchés ; s'appuyer et se pencher ainsi est le propre d'un être conscient. Disons donc, si vous voulez, que la conscience est un trait d'union entre ce qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l'avenir. Mais àquoi sert ce pont, et qu'est-ce que la conscience est appelée à faire ?--------------- à la rigueur, tout ce qui est vivant pourrait êtreconscient : en principe, la conscience est coextensive à la vie. Mais l'est-elleen fait ? Ne lui arrive-t-il pas de s'endormir ou de s'évanouir ? C'est probable,-------------------------------- Chez l'être conscient que nous connaissons le mieux, c'est par l'intermédiaired'un cerveau que la conscience travaille.------------------------------------------------------------ 無意識情形 Dans la moelle sont montés des mécanismes dont chacun contient, prête à se déclencher, telle ou telle action compliquée que le corps accomplira quand il le voudra ; ─────────── 有意識情形Mais il y a des cas où l'excitation, au lieu d'obtenir immédiatement une réaction plus ou moins compliquée du corps en s'adressant à la moelle, monte d'abord au cerveau, puis redescend, et ne fait jouer le mécanisme de la moelle qu'après avoir pris le cerveau pour intermédiaire. (Donc)ce détour (... et) l'intervention du cerveau ... ─────────── 腦ㄉ選擇功用 Dès lors, ce que l'excitation va demander au cerveau quand elle fait son détour, c'est évidemment d' actionner un mécanisme moteur qui ait étéchoisi, et non plus subi. 因為 La moelle contenait un grand nombre de réponsestoutes faites à la question que les circonstances pouvaient poser;而 l'interventiondu cerveau fait jouer la plus appropriée d'entre elles. Le cerveau est un organe de choix. ───────────── 高等生物神經系統(腦及骨髓機制)分工縝密,選擇多; 低等生物神經系統簡單,分工粗略. 選擇與自動化合而唯一,並顯得機械 (là où le système nerveux est rudimentaire, à plus forte raison là où il n'y a plus d'éléments nerveux distincts, automatisme etchoix se fondent ensemble : la réaction se simplifie assez pour paraître presquemécanique; 但仍elle hésite et tâtonne pourtant encore, comme si elle restaitvolontaire.) ──────── hésite et tâtonne 如amibe變形虫之例: Rappelez-vous l'amibe dont nous parlions tout à l'heure. En présence d'une substance dont elle peut faire sa nourriture, elle lance hors d'elle des filaments capables de saisir et d'englober les corps étrangers. Ces pseudopodes sont des organes véritables, et par conséquent des mécanismes; mais ce sont des organes temporaires, créés pour la circonstance, et qui manifestent déjà, semble-t-il, un rudiment de choix. 前述「意識首先是記憶」之立論,「意識意味着選擇與決定(記憶是為了未來的選擇,)」之立」:si, ..., la conscience retient le passé et anticipe l'avenir, c'est précisément,sans doute, parce qu'elle est appelée à effectuer un choix : pour choisir, il fautpenser à ce qu'on pourra faire et se remémorer les conséquences, avantageusesou nuisibles, de ce qu'on a déjà fait ; il faut prévoir et il faut se souvenir. -------------------------------- 意識存在的條件:能自發(所謂自發:SPONTANÉ Qui se fait de soi-même, sans avoir été provoqué, qui se produit sans cause apparente,)的運動。能自發自決,則能選擇。 柏格森認為一切動植物都有自發自決性 (Àvrai dire, il n'y a pas d'être vivant qui paraisse tout à fait incapable de mouvement spontané),只是植物中的此項特性處於休眠狀態(plutôt endormie qu'absente)。 在柏格森,SPONTANÉ(無外界因素而發生者,內生的Qui se fait de soi-même, sans avoir été provoqué, qui se produit sans cause apparente,de sa propre initiative)與automatique(無意識作用而發生者Qui s'accomplit d'une manière inconsciente, sans la participation directe de la volonté ou de l'intelligence)是相對的。────── (Bergson的例子是:一項運動,一個動作,於練習之初,我們肢體肌肉多需要意識的支配才能做得到位。久而久之,則肢體肌肉可不需強烈控制,甚至於無意識狀態下它們也能做得完美。) ──────── 檔我們內心掙扎,難以作出抉擇時,意識所處之狀態最為強烈。 ───────────── 從意識到無意識的體驗:
Représentons-nous alors la matière vivante sous sa forme élémentaire, telle qu'elle a pu s'offrir d'abord. C'est une simple masse de gelée protoplasmique, comme celle de l'amibe; elle est déformable à volonté, elle est doncvaguement consciente. Maintenant, pour qu'elle grandisse et qu'elle évolue, deux voies s'ouvrent à elle. Elle peut第一可能 性 s'orienter dans le sens du mouvement etde l'action - mouvement de plus en plus efficace, action de plus en plus libre : cela, c'est le risque et l'aventure, mais c'est aussi la conscience, avec sesdegrés croissants de profondeur et d'intensité. Elle peut, d'autre part, 第二可能性abandonnerla faculté d'agir et de choisir dont elle porte en elle l'ébauche, s'arrangerpour obtenir sur place tout ce qu'il lui faut au lieu de l'aller chercher : c'est alors l'existence assurée, tranquille, bourgeoise, mais c'est aussi la torpeur, premier effet de l'immobilité ; c'est bientôt l'assoupissement définitif, c'est l'inconscience. Telles sont les deux voies qui s'offraient à l'évolution de la vie. La matière vivante s'est engagée en partie sur l'une, en partie sur l'autre. La première marque en gros la direction du monde animal .............la seconde représente en gros celle des végétaux... ───────────── La matière est nécessité, la conscience est liberté;mais elles ont beau s'opposer l'une à l'autre, la vie trouve moyen de les réconcilier. 物質者,出於必須,意識者,繫於自由。二物雖貌似水火,實可調和 (如草書之點劃使轉): C'est que la vie est précisément la liberté s'insérant dans la nécessité et la tournant à son profit. Elle serait impossible, si le déterminisme auquel la matière obéit ne pouvait se relâcher de sa rigueur.
supposez qu'à certains moments, en certains points, la matière offre une certaine élasticité, là s'installera la conscience. Elle s'y installera en se faisant toute petite ; puis, une fois dans la place, elle se dilatera, arrondira sa part et finira par obtenir tout, parce qu'elle dispose du temps et parce que la quantité d'indétermination la plus légère, en s'additionnant indéfiniment avec ellemême, donnera autant de liberté qu'on voudra. ─────────────── 生命之初,animal及vegetal間的較量 Si les premiers êtres vivants oscillèrent entre la vie végétale et la vie animale, c'est que la vie, à ses débuts, se chargeait à la fois de fabriquer l'explosif et de l'utiliser pour des mouvements. A mesure que végétaux et animaux se différenciaient, la vie se scindait en deux règnes, séparant ainsi l'une de l'autre les deux fonctions primitivement réunies. Ici elle se préoccupait davantage de fabriquer l'explosif, là de le faire détoner. Mais, qu'on l'envisage au début ou au terme de son évolution, toujours la vie dans son ensemble est un double travail d'accumulation graduelle et de dépense brusque : il s'agit pour elle d'obtenir que la matière, par une opération lente et difficile, emmagasine une énergie de puissance qui deviendra tout d'un coup énergie de mouvement. ─────────────────────────────────────────────────── Plus grande est la portion du passé qui tient dans son présent, plus lourde est la masse qu'il pousse dansl'avenir pour presser contre les éventualités qui se préparent : son action,semblable à une flèche, se décoche avec d'autant plus de force en avant que sa représentation était plus tendue vers l'arrière. (厚積而薄發,力之所蓄) ────────────── Il est difficile de jeter un coup d'oeil sur l'évolution de la vie sans avoir le sentiment que cette poussée intérieure est une réalité. Mais il ne faut pas croire qu'elle ait lancé la matière vivante dans une direction unique, ni que les diverses espèces représentent autant d'étapes le long d'une seule route, ni que le trajet se soit effectué sans encombre. Il est visible que l'effort a rencontré des résistances dans la matière qu'il utilisait ; il a dû se diviser en chemin, partager entre des lignes d'évolution différentes les tendances dont il était gros ; il a dévié, il a rétrogradé ; parfois il s'est arrêté net. Sur deux lignes seulement il a remporté un succès incontestable, succès partiel dans un cas, relativement complet dans l'autre ; je veux parler des arthropodes et des vertébrés. Au bout de la première ligne nous trouvons les instincts de l'insecte ; au bout de la seconde, l'intelligence humaine. /Nous sommes donc autorisés à croire que la force qui évolue portait d'abord en elle, mais confondus ou plutôt impliqués l'un dans J'autre, instinct et intelligence. 力:分作本能與意識 Bref, les choses se passent comme si un immense courant de conscience, où s'entrepénétraient des virtualités de tout genre, avait traversé la matière pour l'entraîner à l'organisation et pour faire d'elle, quoiqu'elle soit la nécessité même, un instrument de liberté. ──────────────────── la conscience a failli être prise au piège. La matière s'enroule autour d'elle, la plie à son propre automatisme, l'endort dans sa propre inconscience. 意識險些淹沒於automatisme裡
───────────────────────────── 意識與非意識(automatisme)的對抗 ────────────── La liberté ... ramène (alors) la matière à l'état d'instrument. C'est comme si elle avait divisé pour régner. ──────────────
Mais il faut tenir compte des obstacles de tout genre que cette force rencontre sur son chemin. L'évolution de la vie, depuis ses origines jusqu'à l'homme, évoque à nos yeux l'image d'un courant de conscience qui s'engagerait dans la matière comme pour s'y frayer un passage souterrain, ferait des tentatives à droite et à gauche, pousserait plus ou moins avant, viendrait la plupart du temps se briser contre le roc, et pour tant, dans une direction au moins, réussirait à percer et reparaîtrait à la lumière. Cette direction est la ligne d'évolution qui aboutit à l'homme. ────────────────── Mettons donc matière et conscience en présence l'une de l'autre : nous verrons que la matière est d'abord ce qui divise et ce qui précise. Une pensée, laissée à elle-même, offre une implication réciproque d'éléments dont on ne peut dire qu'ils soient un ou plusieurs : c'est une continuité, et dans toute continuité il y a de la confusion.物質(se distingue, se divise)與思想(continu) ────────────────── Pour que la pensée devienne distincte, il faut bien qu'elle s'éparpille en mots : nous ne nous rendons bien compte de ce que nous avons dans l'esprit que lorsque nous avons pris une feuille de papier, et aligné les uns à côté des autres des termes qui s'entrepénétraient. Ainsi la matière distingue, sépare, résout en individualités et finalement en personnalités des tendances jadis confondues dans l'élan originel de la vie. 物質(se distingue, se divise, instrument)與思想等(continu)
la réalisation matérielle du poème en mots, de la conception artistique en statue ou tableau, 物化 ─────────────────────
P.-S.題外話:柏格森區分plaisir與joie。joie乃創造後的喜悅與成就感,
3月12日 Je me souviens d'une séquence de Rex le chien flic.
Rex sort une "poche" du frigo. Il l'applique sur le front du commandant. Et je n'ai su qu'il s'agissait d'une "poche" de glace qu'à ce moment-là.
Dans chaque métier, il y a sans doute des forbans...
Dans le journalisme il y a forbans de presse, dans la république des lettres, forbans littéraires. Et dans l'Université, il y a forcément des forbans académiques qui baignent dans la gloire.
Tous les métiers sont plus ou moins pourris, dirais-je. Une fois qu'il est arrivé quelque scandale dans un métier, sa "guilde" le démentira... comme quoi la personne concernée ne fait pas partie du métier, blablabla...
Un prêtre pédophile n'est pas prêtre pour l'Eglise, un moine exhibitionniste n'est pas moine pour le Temple, (surtout un terroriste n'est pas musulman pour les musulmans...)
Si ces dieux existent, ils ne s'y prendront pas d'une manière si banale... --------------
P.-S. Dans les groupes politiques, on aime aussi souvent exclure et chasser la Brebis galeuse... Or une Brebis galeuse reste une brebis...
Un membre à scandale et tout de suite désavoué de son parti était pourtant membre de celui-ci lors qu'il était fauteur de mal... (il le reste et voire il le représente). On a donc raison de (et il faut) dire qu'un membre de ce parti a commis tel ou tel crime.
Paul Klee的畫 繪畫中的時間、節奏概念 記得很久前錢鍾書在一篇散文中討論詩歌與繪畫的關係。 當然,至今時空關係仍是西方文藝理論中的重要話題。  3月11日 G. Frege首先將所謂的係詞的功能劃為四類: 一:identité 等同(identity) 二:existence存在 三:appartenance所屬,又稱作predicate即謂語。稱謂語或許更易於理解。 四:inclusion包含。
各舉例如下: 一:Lu Xun est Zhou Shuren L'étoile du matin est Vénus 二:(Je pense, donc) je suis God is Dieu est 上帝的名字『耶和華(Jéhovah,IHWH (Yawéh)或Yod
Hé Waw
Hé』本義便是『上帝存在Dieu est』
三:Rousseau est intelligent. Pierre est un mammifère Les hommes sont nombreux
四:L'homme est un mammifère.
難區分的當是第三、四類。 在所屬這一類中,係詞前的主語同係詞後的謂語在logique上關係疏鬆。也許正是因為係詞的存在,主謂才變得離疏。 Frege在Concept and Object中舉的 the tall tree與the tree is tall可證。
在包含這一類中,係詞前後部分的關係是緊密的,是本質上的。
此二類之分別首先要求語義上的思考。
再舉例: 錯誤的推論:Les hommes sont nombreux, les Luxembourgeois sont hommes, donc les Luxembourgeois sont nombreux. 硬譯為中文,得:人是眾多的,盧森堡國民是人,因此盧森堡國民是多的。 當然,在中文中,形容詞獨自(且不含「的」字)作表語,其前無係詞,除非為表示強調等。
正確的推論:Les hommes sont mortels, les Luxembourgeois sont hommes, donc les Luxembourgeois sont mortels. 人是注定要死的,盧森堡國民是人,因此盧森堡國民是注定要死的。
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