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7月31日 就『文字學』的幾個小問題與友書幾天前,我將一篇為某雜誌寫就的探討表意字的文章寄給一位朋友,讓他有時間就瀏覽一番。不料,他倒認真,竟一句一句讀完並作了筆記和寫了批評。對他的認真,我自然非常感動。想來無什麽隱私,只是半學術問題,可以發到blogue上,當作手記,以備自己需要時查詢。 以下便是他的筆記和批評以及我對他的回復:
Salut , Docteur ! J'ai fini la lecture de ton article , que j'ai trouvé bien intéressant , assurément . Encore merci de me l'avoir envoyé . ---------------------- 我的回復 :... Merci de ta patience impressionnante. Tu as plus de patience que mon directeur de t.... Sincèrement, mon article n'en mérite pas tant; mais tu l'as lu phrase par phrase jusqu'au bout.
Tes commentaires sont tout à fait pertinents, je vais en profiter pour corriger l'article. Mais je vais essayer de répondre à tes questions tout de même, je n'ai pas le droit de demeurer en reste d'efforts; en plus, ça me chatouille. Sans doute mes réponses soulèveraient-elles de nouvelles questions, mais ce serait normal.
I. Introduction : 1° Il est vrai que les hiéroglyphes sont aussi des idéogrammes. Cependant, « on pense à l'écriture chinoise » n'exclut pas l'éventualité de « penser à d'autres écritures ». En tout cas, je corrigerai l'expression pour ne pas tomber dans le sophisme. Il faudra toujours tenir compte des réactions du lecteur. Mon directeur de thèse a eu raison de nous dire : « Si le lecteur ne vous a pas compris, c'est que vous vous êtes mal expliqués. »
2° Les symboles tels que la « croix rouge » ne peuvent être considérés comme des idéogrammes, les grammatologues sont unanimes là-dessus, et ils sont plutôt convaincants. Seulement j'ai enfoncé le clou, si j'ose dire. Un idéogramme est un signe d'écriture dans tous les sens du terme; pour être signe d'écriture, un signe devra être corps libre et « syntagmatiquement » analysable.
A propos, j'ai mené une analyse du logo de Médiapost, c'est une question intéressante.
II. Fergana est une vallée l’Ouzbékistan, je suis désolé de t'avoir ennuyé avec ce nom de lieu rare. J'étais tenu de l'expliquer,mais j'ai failli à mes devoirs.
III. Préférence donnée au chinois non simplifié dans l'article (question intéressante) : 1° Le chinois non simplifié est sans doute le seul accepté par les sinologues français. La revue Etudes chinoises n'accepte que l'écriture traditionnelle par exemple. 2° J'ai plus d'affinité avec le chinois non simplifié, bien que je ne déteste ni ne conteste le simplifié. 3° Quand on écrit un article sur l'écriture, le non simplifié est presque obligatoire. L'écriture non simplifiée conserve mieux l'étymologie, je t'ai parlé du problème de l'étymologie de la langue chinoise, ça y est, un dictionnaire que j'ai m'a fourni la clé.
IV. Le pictogramme est une image, mais susceptible de devenir signe d'écriture. A ce propos, je suis tout à fait d'accord avec Eugène Bernard-Leroy, que les théoriciens en linguistique de nos jours négligent. J'ai posé cette hypothèse (soulignée) il y deux ans, c'est cette année que j'ai découvert la même chez Bernard-Leroy, grâce à Pierre Janet. Je suis bien content. Mais c'est quand même étrange qu'aucun grammatologue que je connais ne le mentionne. Parce qu'il est beaucoup moins connu que Saussure ou Martinet?
V. Jiajie, c'est ce qu'on nomme transfert phonétique en Europe et en Amérique, c'est une phase incontournable de l'évolution de l'écriture. Ce n'est pas un trait spécifique au chinois, ce que tu as remarqué à bon droit.
VI. Tu as raison, l'usage de la locution « en fait de » n'est pas très correct ici. J'ai voulu l'utiliser à la place de « pour ce qui concerne » ou « en matière de ». C'est une erreur qui relève de ma fantaisie, j'ai emboîté le pas sur Pierre Loti. On a constaté plus tard que, normalement, après « en fait de » on ne mettait qu'un nom à signification générale : « en fait de justice », « en fait de diplomatie » ... Ou l'exemple suivant (à la limite) : « C'était encore un barbu, mais jeune, (...) tout ce qu'on fait de mieux en fait de col de celluloïd, avec des vêtements miteux et bien tenus (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 326). » « Col de celluoïd » renvoie à un référent général. Il s'agit d'un problème de linguistique non moins intéressant. Pour moi, les subtilités de la langue française résident à ce niveau. Mais à toi de juger, car un simple francophone n'a pas le même sentiment linguistique qu'un locuteur natif. Le premier est ou trop sensible ou pas du tout sensible à certains phénomènes linguistiques.
VII. Pour définir l'idéogramme, il faut probablement comparer le système idéographique et le système alphabétique (ou consonantique). L'une des propriétés qui distinguent le système idéographique du système alphabétique est l'idéographicité ou la raison graphique (terme moins précis). A mon avis, l'idéographicité consiste dans la structure interne du caractère. Le caractère est un espace, dans lequel, pour tout dire, les différentes parties entrent en communication les unes avec les autres. C'est un micro-système. Il faudrait l'examiner à la loupe :):):). Quand on simplifiait l'écriture chinoise, on a assurément pris en considération cette propriété. (C'est pour cette raison que je ne conteste pas la simplification en elle-même. Malheureusement, je n'en ai pas assez parlé, ni dans l'article ni dans ma thèse. C'est un sujet de recherche à part.)
Le signe diacritique est un signe « ajouté à une lettre de l'alphabet pour en modifier la prononciation », c'est en fait une sorte de clé qui remplit la fonction idéographique, en créant un espacce où deux prononciations alternent. A noter que l'essentiel de l'idéographicité consiste dans la communication mutuelle des parties et, en d'autres termes, dans la systématicité structurale, celle-ci étant aussi un trait essentiel de toute langue. Grâce aux signes diacritiques, il y a aussi un peu d'idéographicité dans l'écriture française, mais celle-ci reste alphabétique. En règle générale, un mot français (« graphème » est plus précis, mais « mot » est plus facile à comprendre) est une suite de lettres, qu'on prononce l'une après l'autre ou les unes après les autres. C'est transparent, mais il est indispensable de mémoriser la prononciation de chaque lettre ou de chaque groupe de lettres. La transparence est donc relative. Je ne dis pas que la langue française ne constitue pas un système, elle est sans doute même plus « systématique » et plus « analytique » que la chinoise. Ça reste ma première impression, et je n'ai pas étudié la question.
VIII. « Sinogramme » est un terme banal, mais ce n'est pas un terme convenable quand on étudie un problème d'une manière plus ou moins scientifique. En médecine, il y a peut-être aussi des termes que les gens ordinaires comme moi utilisent, mais qui sont peu usités chez les spécialistes. En plus, « idéoramme », terme appliqué pour la première fois par Jean-François Champollion aux écritures égyptienne et chinoise (le savant français s'est servi de ses connaissances du chinois et du grec pour déchiffrer les hiéroglyphes), signifiait à l'origine « peinture des concepts». « Idéa » en grec signifie « voir » et « image ». Pierre Fontanier, presque contemporain de Champollion, a traité de l'évolution de « idée ». On peut en tirer la conclusion que « idée » avait, au temps de Champollion, encore le sens d' « image ». Idem dans les textes classiques chinois (Cf. Hu Shih --- contemporain et adversaire de Lu Xun, Le Développement de la méthode logique en Chine ancinenne, un très bon livre). Je préfère ce terme à « sinogramme », parce qu'il est sémantiquement plus riche. Il peut associer le sens ancien et le sens moderne d'« idéo », c.à.d. « image » et « idée », si l'on veut bien mettre à contribution l'étymologie. Je trouve le terme « logogramme » impropre, même si les grands théoriciens proposent de le substituer à « idéogramme ».
IX. Quant à l'efficacité, on en reparlera. A mon sens, c'est un faux problème. Dans chaque langue et dans chaque écriture, on trouve toujours un moyen de remédier aux déséquilibres.
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